Bébel : Le Magnifique n'est plus


Le célèbre acteur Jean-Paul Belmondo, «Bébel» comme on le surnommait, est mort lundi 6 septembre à 88 ans de causes naturelles.


Fils du sculpteur Paul Belmondo, amateur de sports et notamment de boxe qu'il pratiqua longtemps, il est très tôt attiré par la scène. Il entre au Conservatoire National de Paris en 1952 avec pour maître Pierre Dux et pour camarades de jeu, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Claude Rich, Bruno Cremer ou encore Françoise Fabian.


Comédien talentueux, il est vite happé par le cinéma. Jean-Luc Godard, alors critique aux Cahiers du Cinéma, s'apprête à passer à la mise en scène. Séduit, il lui donne un premier rôle dans son désormais célèbre A bout de souffle. Le film est un succès : en même temps que Godard devient un des réalisateurs phare de La Nouvelle Vague, Belmondo est l'un des acteurs qui l'incarne.

On voit à ce moment-là l'irruption de la modernité du cinéma par les jeunes réalisateurs de ce nouveau courant.

Grande gueule et séducteur, Belmondo est le digne et seul héritier d'un autre grand acteur de l'époque : Jean Gabin.


Dès les années 60, il enchaîne les films, allant de succès en succès. Il devient le héros populaire du cinéma français. Avec son charme gouailleur, Belmondo réconcilie comédies et films d'actions et passe d'un genre à l'autre avec un talent déconcertant.

Très rapidement, ses films sont d'énormes succès dépassant le million d'entrées : L'Homme de Rio (1964), Joyeuses Pâques de Georges Lautner (1984) ou encore Hold-up d'Alexandre Arcady en 1985.

Avec ses différents films ultra-populaires, un élément le caractérisait particulièrement : les cascades, qu'il réalisait lui-même.


A la fin des années 80, il tourne un film qui lui vaudra le César du meilleur acteur, Itinéraire d'un enfant gâté de Claude Lelouch. Avec ce film, l'acteur nous permet de voir une facette de son jeu que nous n'étions plus habitués à voir : sa tendresse. Une façon de jouer que Belmondo avait déjà eu l'opportunité de montrer au début de sa carrière avec le film d'Henri Verneuil, Un singe en hiver (1962) aux côtés de Jean Gabin, film qui lui permet d'être adoubé par le Star system français de l'époque.


A l'aube des années 90, Belmondo fait un retour triomphant au théâtre. Il s'éloigne quelque peu du cinéma pour se consacrer pleinement à sa vocation d'origine.

Il monte sur les planches avec Kean de Jean-Paul Sartre, mis en scène par Robert Hossein. Toujours sous sa direction, il interprète un magistral Cyrano de Bergerac, tout comme Gérard Depardieu au cinéma un mois après le début de la pièce.

Belmondo triomphe en Cyrano !


En 1991, il devient propriétaire du théâtre des Variétés à Paris.


En 2001, Jean-Paul Belmondo est victime d'un AVC assez sérieux qui marque alors son éloignement des plateaux et peu à peu la fin de sa carrière.


Belmondo, l'acteur à la palette de jeu diversifiée, était comme on dirait aujourd'hui un acteur «bankable». Il a enchaîné les succès, les films à plus d'1 million d'entrées. Il était autant apprécié par le public que par ses pairs.

Jean-Paul Belmondo aura incontestablement marqué une large époque du cinéma français.


Les films que je retiendrai de Bébel :


A bout de souffle de Jean-Luc Godard (1960)

Un singe en hiver d'Henri Verneuil (1962)

Pierrot le fou de Jean-Luc Godard (1965)

Itinéraire d'un enfant gâté de Claude Lelouch (1989)


Et dans le genre «comédie» :


L'as des as de Gérard Oury (1982)

Joyeuses Pâques de Georges Lautner (1984)

Les Mariés de l'an II de Jean-Paul Rappeneau (1971)


Cedric Cilia


Crédit photos : Joël Saget - AFP



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