Le metteur en scène britannique Peter Brook est mort


Peter Brook est décédé le 2 juillet à l'âge de 97 ans.

Metteur en scène, acteur, réalisateur et écrivain britannique, il aura marqué le 20ème


siècle par son audace et son exigence d’absolu, admirées dans le monde entier.

C’est en 1970 qu’il s'installe à Paris. A l'époque, sa compagnie est en résidence au théâtre


des Bouffes du Nord. Grâce à lui, le théâtre renaît dès 1974 et garde la direction du lieu


avant de la céder à Olivier Montei et Olivier Poubelle en 2010.

Accompagné à l'époque de Micheline Rozon, Peter Brook fait restaurer le théâtre, alors


délabré, grâce à l'appui financier du Festival d'Automne. Le théâtre des Bouffes du Nord


doit tout à l’artiste, qui aujourd'hui en est orphelin !

Peter Brook était un artiste complet et novateur dans ses interprétations des pièces du


grand répertoire international et plus particulièrement des classiques de Shakespeare.

Il est le grand théoricien de "l’espace vide", c'est à dire qu'il renonce dès 1962 à tout décor


dans ses mises en scènes afin de développer l'imagination du spectateur.

Très tôt, ses expériences lui font porter sa réflexion sur ce qu'il nomme le "théâtre mort"


ou le "théâtre bourgeois" qui a, selon lui, perdu tout son sens et dont il cherchera à se


démarquer.



Dès 1971, Peter Brook fonde le Centre International de Recherche Théâtrale (CIRT) où il


va travailler avec des acteurs de différents pays et cultures.



Crédit photo : Colm Hogan

La théorie de "l’espace vide"


"L'Espace vide" est un écrit de Peter Brook sur le théâtre basé sur les différentes


rencontres et expériences au cours du travail de l'auteur. C'est dans la notion de "théâtre


immédiat" que Brook tente de synthétiser ce qui selon lui formerait le théâtre idéal. C'est


en quelque sorte un retour à la source au niveau de la mise en scène, à un dispositif plus


simplifié, épuré.

C'est en 1962 avec "Le Roi Lear" qu'il décide de renoncer au décor pour travailler cet


espace vide qu'il préconisera ultérieurement.

Le "théâtre immédiat", qu’il revendique également, consiste pour les artistes à remettre


en question chaque jour les découvertes des répétitions précédentes comme si la pièce


leur échappait. Brook désire aussi un théâtre très proche du public. Il s'inspire beaucoup


du "théâtre de la cruauté" d'Antonin Artaud.


"Je veux prendre n'importe quel espace vide et l’appeler une scène. Quelqu'un traverse cet e


espace vide pendant que quelqu'un d'autre l'observe, et c'est suffisant pour que l'acte


théâtral soit amorcé." - Peter Brook


Ce grand homme de théâtre a reçu de nombreuses récompenses au cours de sa longue


carrière, dont le prix du Brigadier en 1975 pour "Timon d'Athènes" au théâtre des Bouffes


du Nord, le Molière du metteur en scène en 1991 pour "La Tempête" ou encore le Molière


du théâtre musical pour "La Flûte enchantée" en 2011, ainsi qu'un Molière d'honneur.

Voici quelques mises en scènes de l'illustre Peter Brook :


- 1960 : "Le Balcon" de Jean Genet au Théâtre du Gymnase


- 1977 : "Ubu aux Bouffes" d'après Alfred de Vigny au théâtre des Bouffes du Nord


- 1985 : "Le Mahâbhârata" au Festival d'Avignon


- 1990 "La Tempête" de Shakespeare


- 1995 "Oh, les beaux jours !" de Samuel Beckett


- 2000 : "Hamlet" de Shakespeare


- 2004 : "Le Grand Inquisiteur" d'après "Les Frères Karamazov" de Dostoïevski



Cédric Cilia

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