Les figures politiques lesbiennes dans le monde

Mis à jour : févr. 13

Petit tour d’horizon des femmes lesbiennes en politique, à l’international et en France, qui s’affichent ouvertement et ont fait de leur homosexualité un combat et une cause privilégiée à défendre. Je dresserai les parcours respectables et courageux de quelques illustres politiciennes pugnaces et combatives naviguant dans un milieu encore largement dominé par les hommes.

Claudia Lopez – Maire de Bogota, Colombie


Ses principales luttes :

La question de l’égalité.

Proposer une éducation de qualité.

L’écologie.

Des transports efficaces (le métro) pour désengorger la capitale embouteillée.



Claudia Lopez est la première femme élue à la mairie de Bogota et ouvertement lesbienne. Celle qui a pris ses fonctions en janvier 2020 est devenue tout un symbole pour son pays, la Colombie, tant elle représente le changement et la soif de progrès dans un pays encore très largement conservateur et machiste.


Lors de son arrivée à la mairie, Claudia Lopez a bousculé une classe politique traditionaliste, ancrée à droite. Issue du centre gauche et militante, l’alcalde de Bogota, née dans un milieu modeste, incarne une femme méritante qui a tout obtenu à la force du poignet.

Maire écolo, Claudia Lopez se balade à vélo dans les rues de la capitale avec son équipe, portant des tenues vertes (dont le foulard au cou) symbolisant la nature, le respect de l’environnement et l’espoir.

D’un caractère fougueux et batailleur, elle est très appréciée par la jeunesse colombienne qui la voit comme un modèle de force combative et comme une promesse d’ouverture et d’émancipation. Mais surtout Claudia Lopez est lesbienne, elle ne s’est jamais cachée et revendique son homosexualité ! Elle a épousé la sénatrice Angelica Lozano en décembre 2019 dans un pays où la loi sur le mariage pour tous a été voté en 2016.

Si se puede ! (cqfd : le slogan de sa victoire).

A l’heure actuelle, la quasi moitié des pays d’Amérique du Sud a voté pour le mariage homosexuel :

- Argentine : juillet 2010

- Brésil : certains Etats depuis janvier 2012 et au niveau fédéral depuis mai 2013

- Uruguay : août 2013

- Colombie : avril 2016

- Equateur : juillet 2019

- Costa Rica : mai 2020

Partons du côté des Balkans où le président serbe a élue Ana Brnabic à la tête du gouvernement en juin 2017. Ce nom ne vous évoque peut-être rien encore et pourtant elle est la première femme homosexuelle affirmée à occuper le poste de Premier ministre dans un pays où le mariage entre personnes du même sexe n’est pas en vigueur.

Avec Ana Brnabic au pouvoir, une proposition de loi pourrait-elle se profiler ?

Sujet hautement délicat qui pourrait bien mettre en colère ses opposants politiques et l’église, dans un pays très traditionaliste où l’homosexualité est considérée par la quasi moitié de la population comme une maladie. Car en dépit de son homosexualité affichée, Ana Brnabic n’a à ce jour pas pris position sur les droits des minorités, n’a mis aucune réforme en place pour lutter contre les discriminations et violences dont sont victimes les personnes LGBTQI+, le mariage pour tous n’existe pas et les familles homoparentales n’ont aucuns droits.

Beaucoup de chantiers seraient donc à bâtir pour faire évoluer une société serbe vers plus de tolérance et d’ouverture en matière de droits homosexuels.


Dans l’Hexagone, les personnalités politiques lesbiennes ne se bousculent pas au portillon mais les rares homosexuelles qui en parlent ouvertement se distinguent par leur courage et leur force mentale.


Corinne Bouchoux, pacsée à sa conjointe et mère de famille, a certifié que son homosexualité n’avait jamais été une entrave à sa carrière politique. En voilà une bonne chose ! L’ancienne sénatrice d’Europe Ecologie les Verts n’a jamais cessé d’être qui elle est, bien dans ses baskets, ne se cachant pas, là où d’autres députés et sénateurs préfèrent taire leur orientation de peur que cela ne fasse barrage à leur carrière.


De le divulguer n’est pas indispensable, certes, il ne s’agit pas d’en faire un «évènement», après tout cela relève de la liberté de chacun de s’exprimer ou pas sur le sujet, mais de ne pas assumer son orientation sexuelle restera toujours plus infécond. Autant nommer les choses et le faire bien sans pour autant restée cantonnée à une «étiquette».

Lorsque l’ex-ministre de l’environnement d’Angela Merkel, Barbara Hendricks, a embrassé ses fonctions en 2013, elle en a parlé publiquement. Depuis elle n’en fait plus étalage.


Françoise Gaspard, ex-maire de Dreux et ancienne députée PS, mariée à l’écrivaine Claude Servan-Schreiber depuis 2013, a révélé son homosexualité après la fin de son mandat parlementaire.


Quant à Laurence Vanceunebrock Mialon, autre députée siégeant à l’Assemblée Nationale, elle milite pour la libération de la parole des femmes et pour les droits LGBT.


Chez nos voisins suisses, la maire socialiste de Zurich, Corine Mauch, tout comme sa consœur Claudia Lopez, est la première femme à occuper ce poste et ouvertement lesbienne. Depuis 11 ans elle s’applique avec ardeur à développer la qualité de vie de Zurich, ville dynamique et solidaire, orientée vers l’extérieur. Mme Mauch incarne un modèle progressiste qui séduit la population. Elle dit aux jeunes femmes d’oser saisir leurs opportunités en s’engageant et en agissant. Elle enjoint la société de ne pas accepter les discriminations envers les personnes homosexuelles.

Voilà un discours lumineux et retentissant qui invite les individus à combattre et résister face à la stigmatisation envers les homos même si elle ne disparaîtra jamais.

Pour cela il faut prendre de la hauteur et avec une bonne dose de courage, en parler, pour que les choses avancent.

Alors ne baissons pas les bras, ne cessons jamais de lutter ! Ces femmes politiques sont la preuve vivante que le dépassement de soi récompense des années d’invisibilité lesbienne.

Sabrina Piazzi

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