Les Voies de la liberté - Livre de Mélusine Mallender

Mis à jour : janv. 5


L'expression "impossible n'est pas français" lui va comme un gant ! Sportive, enfourchant ses bécanes tout-terrain, Mélusine Mallender parcours le monde depuis plus de dix ans, de l'Asie Centrale aux steppes mongoles, des terres persanes aux pays d'Afrique de l'Est. L'intrépide Mélusine a vraiment l'âme de la voyageuse au long cours : courageuse, téméraire, vivante, animée par une envie toujours plus grande et plus forte d'aller au-delà de ce qui semble de prime abord ardu. Le voyage est non seulement synonyme d'ouverture, de curiosité, mais aussi d'échappée vers la conquête de sa liberté. Ni munie d'un gros budget, ni dotée d'une organisation en béton, notre aventurière nous prouve qu'il est possible de ne pas s'encombrer d'un excédent de logistique en partant vers un périple long de plusieurs mois.


La première expédition se réalise avec sa vieille moto 125 cm3 Honda Varadero, comptant 110.000 kilomètres au compteur, qui va vite devenir "mythique". Mélusine et sa fidèle "compagne" mettent le cap sur Vladivostok, face à la mer du Japon, dans l'idée de rendre l'engin à son pays d'origine, le pays du Soleil levant.


En enfourchant sa moto, Mélusine dégage une allure "martiale", non pas au sens de belliqueuse, mais bien au sens de combative, doublée d'une grosse pincée d'héroïsme. En effet, lorsqu'elle traverse des villages peu peuplés, ou au croisement des frontières, tous les regards se braquent sur elle : une femme à moto attire fatalement la curiosité, fascine mais interpelle aussi : pourquoi est-elle partie seule en voyage, qui plus est en deux roues ?


Mélusine Mallender chérie sa liberté et la solitude qui l'accompagne forcément. L'aventure consiste à aller pleinement à la découverte d'elle-même, de se confronter à ses peurs, de s'ouvrir, de dépasser la peur des autres, en se délestant de tout préjugé, de se laisser surprendre, de se construire en voyageant seule et en se frayant son propre chemin, laissant une large place à l'inconnu et aux risques qui en découlent. Lorsqu'on voyage seule, l'esprit pratique est essentiel, l'on doit se débarrasser de toute volonté de maîtrise.


Chaque pays qu'elle traverse lui permet de comprendre les populations qui les habitent, de découvrir des cultures multiples et des lois qui leur sont propres. Quoi de mieux que d'aller voir de ses propres yeux, de rendre compte de pays méconnus, difficilement accessibles.


Cette baroudeuse philanthrope questionne sans cesse la notion de liberté, la sienne comme celle des peuples qu'elle rencontre, parfois opprimés et laminés par des dictatures, en leur donnant la parole. Et les réponses sont aussi palpitantes que frissonnantes : cette notion revêt de nombreux sens selon chacun, il n'y a pas qu'une seule liberté, celle-ci est mouvante et multiforme. Il faut se battre pour l'obtenir, la conserver et la préserver tandis que certains en sont totalement privés.


Au-delà de cette notion chère à notre douce aventurière, Mélusine Mallender nous invite, à travers ce récit très plaisant à lire, à chérir l'humanité qui est en chacun de nous. Malgré ses aspects rugueux, l'existence regorge d'une beauté à couper le souffle. la vie a une valeur précieuse qu'il faut savoir apprécier en chaque instant.


Rien ne vaut la vie !


Sabrina Piazzi


Crédit photo : Sabrina Piazzi. Tous droits réservés.